Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 21:48

L'ancienne île d ' Hispaniola se divise en deux pays, Haiti ( 27.500km carrée) et la République de Saint-Domingue ( 48.500 km carrés). La population haitienne a toujours exercé une formidable pression démographique sur Saint-Domingue qui se traduisit au cours des siècles par des invasions et des guerres répétées. Lorsque, à partir de 1.844, les conflits armés cessèrent, cette pression démographique se transforma en  en une infiltration lente et massive d'immigrés clandestins
Sous le rège de  Leonidas Trujillo (1930-1961), des intellectuels conservateurs avec pour chef de file le président de la chambre des députés, Manuel Arturo Peña Battle, commencèrent à dénoncer cette immigration comme une atteinte à l'identité nationale. La République dominicaine, par instinct de conservation face à la menace haïtienne était restée, selon eux, le pays le plus espagnol d'Amérique latine :  sans la langue, la force des coutumes et la tradition hispanique, le pays se serait désagrégé depuis longtemps face à  " la sauvage domination franco-éthiopienne".  Abandonnée de l' Espagne, coupée par Haïti, pendant 22 ans d'occupation militaire,  de la civilisation européenne, livrée pendant près d'un siècle à l'anarchie, Saint Domingue avait survécu comme nation espagnole. Et, ce miracle,  elle le devait à la force de l' esprit. Or l 'esprit, pour se perpétuer,  demandait un renouveau de la culture espagnole.
Le dictateur Trujillo s'empara de ce thème. Selon lui, trois provinces entières, Azua, Monte-Cristi et Barahona, "livrées à des myriades d'immigrants haïtiens", se trouvaient sérieusement menacées d'une perte d'identité par le fait, notamment, de mariages mixtes. Peña Battle parlait de " l' africanisation" d'importants territoires  où la langue créole se développait et où la pratique du vaudou menaçait le christianislme originel. La forte natalité haïtienne et la misère dans laquelle vivait ce pays ne pouvaient, déclatait-il, qu'amplifier le phénomène.  Il convenait d'arréter de toute urgence ce processus.  Le dictateur reprenant cette idéologie à son compte, se donnait deux moyens pour y parvenir: l'arrêt de l'immigration haïtienne, au besoin par l'assassinat, et  l'appel à une immigration venue d'Europe  censée contrebalancer l'influence haïtienne en injectant du sang nouveau. En une prase, il fallait "blanchir" le pays. La manière forte donna lieu à l'extermination par l'armée de milliers de Haïtiens vivant dans la zone fontalière. Pour se faire pardonner ce crime par la communauté internationale, Trujillo accepta de recevoir quelques centaines de Juifs rescapés des camps de la mort auxquels on doit le développement de la ville de Sosua sur la côte nord du pays.Mais ces derniers finirent par immigrer dans leur quasi totalité aux U.S.A. Les Hongrois incités par le pouvoir à s'installer dans le pays après l'intervention soviétique à Budapest, suivirent le même chemin. Seuls se fixèrent avec succès quelques dizaines de colons japonais mais leur nombre était insuffisant. Restait le recours à "la mère patrie",  l'Espagne.
Se rendant auVatican au printemps 1954 pour y signer un concordat entre le Saint-siège et la République dominicaine, Leonidas Trujillo fit escale en Espagne et négocia avec  Franco un accord pour la venue dans son pays de centaines de colons espagnols. ( à suivre)

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Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 17:15

De Batna à Marseille, un voyage sans retour

Le 18 juin 1962, trois femmes d’une même famille quittent Batna pour rejoindre l’Hérault.

Au restaurant du Sidi Ferruch , on lui a servi des petits pois. Mais Paule Tedeschi n’a pas faim. Elle fixe la mer qui sans cesse apparaît et disparaît derrière le hublot. Avec Marie-Jeanne, sa mère et Frédérique, sa fille de quatre ans, elles quittent l’Algérie. Tôt ce 18 juin 1962, elles sont parties de Batna pour rejoindre le port de Philippeville. Deux cents kilomètres en voiture, sur des routes où les mines et les barrages sont à craindre. Avec elles, le chien, les deux canaris dans une cage et la tortue casée dans une boîte à chaussures. « Des incivilités de plus en plus fréquentes » , explique Paule, les ont contraintes à ce départ précipité. Maurice, son mari, les accompagne jusqu’au port. Nées à Batna, Marie-Jeanne, Paule et Frédérique n’ont jamais mis les pieds en Métropole et n’y connaissent personne : « On était déboussolées. On partait pour sauver nos vies ».

Quelques mois auparavant, la famille Tedeschi a acheté un appartement à Castelnau-le-Lez (Hérault) trouvé « grâce aux petites annonces de La Dépèche d’Alger. On l’a pris comme on le fait avec une assurance-auto, en espérant n’avoir jamais à s’en servir ». Ce trois-pièces-cuisine est maintenant leur seul point de chute de l’autre côté de la Méditerranée. Sur le port de Philippeville, il règne une chaleur torride et les quais sont noirs de monde. « Mon mari a dû prendre la petite sur ses épaules afin qu’elle puisse respirer » . Les gens se bousculent pour retirer leurs places, des personnes de la Croix-Rouge proposent leur aide. Le moment le plus difficile est l’embarquement sur le Sidi Ferruch : « C’était les grandes eaux de Versailles » , se souviennent Marie-Jeanne et Paule. A bord, les voyageurs s’agglutinent au bastingage pour regarder les quais s’éloigner. Les cabines sont toutes louées. Marie-Jeanne, Paule, Frédérique s’installent avec leurs animaux sur des chaises longues : « Nous avons passé toute la traversée sur le pont. Mais je n’en ai pas de mauvais souvenir, à part un peu de roulis et ma fille qui, découvrant la mer, voulait toujours aller marcher sur les eaux » , raconte Paule. Arrivées à Marseille, elles hèlent un taxi qui refuse de les prendre : « Il nous a dit qu’on n’aurait jamais dû venir en France ». Elles réussissent à rejoindre Montpellier, y cherchent un hôtel pour passer la nuit, « pas facile à trouver avec les animaux » , et le lendemain s’installent dans leurs trois pièces-cuisine de Castelnau-le-Lez. Des matelas par terre, un camping-gaz, une casserole et des fourchettes. « On a eu de la chance, les quelques meubles que nous avions mis dans un container sont arrivés. Ils n’ont pas été perdus, ni trempés dans le port de Marseille comme tant d’autres » . Une voisine, les voyant sans table, ni chaises, leur prête du mobilier de camping. Maurice les a rejoint quelques jours plus tard. Il est arrivé d’Alger où il avait pris l’avion : « Dans la ville, les gens se marchaient dessus, c’était la panique. A l’aéroport, avant d’abandonner leur voiture, beaucoup y mettaient le feu ».

A Castelnau-le-Lez, les premiers temps sont durs. « Un rien nous démoralisaient. Nous voulions repartir » , se souviennent Marie-Jeanne et Paule. Le soir, elles discutent, se rappellent Batna et ses beaux paysages. Et surtout Saïd, un chaoui qui travaillait depuis des années à leur service. Quand il avait fallu le quitter, tout le monde s’était mis à pleurer. « Je me souviens de lui, avec son cheich, dit Frédérique. Je n’avais que quatre ans, mais j’ai compris qu’en lui disant "au revoir", je vivais un moment important ».

Anne-Marie SCHALLER (ML)

 

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Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Anne Marie Schaller ML
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Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 16:51

Rendez-nous l’Algérie, on l’a payée très cher !

J’adresse cette lettre, à vous qui êtes « grands » pour reprendre l’immortel Boris Vian. Au commencement, je dois dire, sans présumer bêtement que vous le savez déjà, que je n’éprouve aucune haine à votre égard, ni envers personne de quelque obédience qu’il soit. Je sais que vous serez surpris, messieurs, par cette disposition typiquement algérienne à pardonner aux bourreaux. Oui, Messieurs, même si je ressens, comme tous mes concitoyens, les morsures de l’injustice, je ne vous abhorre guère, parce que je crois, tout naturellement, que personne ne porte dans ses gênes l’arbitraire et la haine de son peuple.

Nous vous pardonnerons, mais partez, rentrez chez vous et laissez l’herbe pousser sur cette terre que vous avez asséchée. Partez, à quoi bon continuer à faire saigner ce peuple qui a connu tant d’épreuves et de malheurs ? Messieurs, seuls les grands actes font de grands hommes et, à cet égard, votre départ sera votre plus beau chef-d’oeuvre. Partez, c’est le meilleur service que vous puissiez rendre à cette Algérie qui ne mérite pas d’être sacrifiée à l’ingratitude puante de l’avilissement et de l’indignité. Laissez votre peuple choisir, vivre et goûter enfin la douceur de la Liberté. Laissez-nous instaurer un gouvernement de salut public pour apurer le passif de vos terreurs. Faites un effort et laissez le peuple bannir l’humiliation et l’arbitraire. Laissez-le reconquérir sa dignité, même si le mot dignité ne signifie rien pour vous. Assumez, pour une fois dans votre vie, la responsabilité morale du désastre national que vous avez provoqué et dont vous êtes coupables. Sachez messieurs que le peuple qui a fait de vous des seigneurs sur des trônes dorés, n’est pas une tribu ennemie. Il n’est ni un butin de guerre pour le mépriser, ni un fonds de commerce pour le négocier. Partez messieurs. Emportez vos sacs de devises, vos servantes, vos maîtresses, vos impostures, vos matraques et vos machines à truquer les élections. Partez, la démocratie et le progrès ne peuvent pas s’accommoder d ´une pègre de votre espèce tout comme la Liberté ne peut coexister avec la terreur et les lois d’exception. Partez messieurs, vous êtes la négation absolue de tout ce qui symbolise la noblesse et la perfection. Partez, pour que les Algériens puissent enfin respirer l’air frais de leur pays et tirer profit des richesses de leur sol.

Ne craignez rien, messieurs, nous vous pardonnerons. Nous vous pardonnerons même si vous avez opprimé notre peuple, affamé des millions de personnes, perverti les mœurs politiques de l‘État, instauré un climat de terreur, trituré notre Histoire, bombardé nos villages, assassiné nos héros, emprisonné nos opposants, parasité nos institutions, abruti nos enfants, martyrisé et exilé notre jeunesse, bradé nos richesses, vidé nos banques, pollué nos valeurs et nos repères. Nous vous pardonnerons même si nous savons que les caisses de l’État se vidaient en même temps que vos comptes en devises grossissaient dans les banques suisses. Partez et nous jurons, sur la tombe de Bachir Hadj Ali, que les corrompus ne seront pas dépossédés des bénéfices de leur rapine et que les tortionnaires ne seront point torturés.

Connaissez-vous Mahatma Gandhi ? Non, vous ne savez rien, parce que vous n’avez pas usé, comme nous autres algériens, vos culottes sur les bancs de l’école. C’est ce monument universel qui disait qu’il faut laisser une ouverture pour que l’ennemi puisse s’en aller. Nous vous laissons donc cette lucarne pour déguerpir comme un démon qui quitte le corps meurtri d’un individu possédé.

Non, je ne vous demande pas de lire Gandhi, à l’impossible nul n’est tenu. D’ailleurs, comment oserais-je demander aux généraux de lire quand je sais que le meilleur d’entre eux ne fut guère que sergent ou adjudant dans l’armée française ? Comment leur demander de lire Voltaire quand je sais, et j’en suis certain que leur niveau intellectuel est au-dessous de leurs bottes ? Comment demander au « ministre d’État » Bouguerra Soltani de lire Tocqueville ou Montesquieu quand je sais qu’il a pratiqué la sorcellerie pendant plus de quinze ans avant de venir à la politique comme on va à la chasse ? Mais dites-moi, comment demander au chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, d’expliquer la dialectique hégélienne quand tout le monde sait qu’il n’était qu’un modeste enseignant de langue arabe à Tiaret ? Allons-y, dites-moi comment aurais-je le courage de demander à Amar Tou, ministre de la Santé publique de parler des derniers progrès réalisés dans le domaine médical alors qu’il n’était qu’un obscur responsable dans une semoulerie ? Dites-moi encore comment puis-je demander à Boudjemâa Hichour, ministre des Postes et des Technologies de l’Information et de la Communication d’expliquer les dernières inventions de Microsoft quand je sais que, dans un passé très récent, il n’était qu’un inconnu pigiste dans un journal sportif basé à l’est du pays ? Comment oserais-je demander à Amar Sâadani, président de l’Assemblée nationale, d’expliquer ou d’appliquer les principes élémentaires de la législation mise au point par Jean Jacques Rousseau quand je sais que ce magnat originaire d’El-Oued n’a même pas terminé son certificat d’études ? Oui, Monsieur Sâadani, nous savons que vous vous êtes inscrit, il y a trois ans, à la faculté d’Alger pour broder une licence en sciences politiques et que l’un de vos professeurs — M. Berkouk que je salue au passage — vous a « gratifié » d’un grand zéro sur votre copie d’examen (Relations internationales).

Tous les dirigeants du monde entier font des études afin de suivre une carrière politique, mais en Algérie, c’est l’inverse qui se produit. On devient, d’abord haut responsable de l’État puis on pense faire des études ! N’est-ce pas une honte messieurs les dirigeants ? Non messieurs, je n’ose pas vous demander de lire quoi que ce soit, puisque le seul domaine dans lequel vous excellez vraiment est celui du mensonge et du terrorisme d’État. En rappelant ce que vous êtes, je ne veux aucunement me moquer de votre inculture. Mon éducation algérienne ne me permet guère de rire de la faiblesse de quelqu’un fut-il mon bourreau, parce que, je crois tout simplement, que l’analphabétisme n’est pas un défaut. Surtout quand l’inculte ne ressent pas cette nécessité superflue d’agrémenter son curriculum vitae par des titres clés en main et des diplômes fictifs.

Non, messieurs, vous n’êtes pas le meilleur de ce qu’a enfanté l’Algérie. Vous n’êtes qu’un conglomérat d’illettrés et d’arrivistes. À bien des égards, vous symbolisez l’abysse le plus profond qui puisse exister. Allez voir, en France, au Canada, en grande Bretagne, en Australie même, tous ces jeunes de haute stature que votre concussion a jetés sur les sentiers tortueux de l’exil. Non, messieurs les dirigeants, pour ces bourgeons dignes et compétents, Paris, Ottawa, Sidney, Washington et Londres ne sont ni des lieux de villégiature ni des capitales financières comme vous avez fait de Genève. Mais allez voir cette jeunesse au regard pénétrant que vous avez écarté, disqualifié et anéanti. C’est votre trahison qui les a déportés loin de leur patrie laissant derrière eux des pères accablés, des mères éplorées et un pays sanguinolent. Cependant même loin de leur pays, l’Algérie demeure leur unique adresse malgré vos bassesses.

Mais voyez ce peuple que votre veulerie a réduit en esclavage, maintenu indéfiniment dans le sous-développement et la misère. Regardez comme il trime pour reconstruire, pierre par pierre, ce que vous avez détruit pendant plus de 40 ans de pillage et de rapine. Contemplez votre « chef-d’oeuvre », chers messieurs. Un pays ravagé par la barbarie, déchiré par l‘arbitraire, gangrené par la corruption, vidé de ses forces vives, rongé par la culture de l’impunité et réduit au peloton des nations les plus infréquentables du globe. Le trafic d’influence, le détournement des deniers publics, la fuite des capitaux meublent le quotidien de ce pays que votre génie maléfique a poussé dans le précipice. Bon sang ! Regardez, si vous êtes en mesure de percevoir l’ampleur du désastre. Hélas ! « ne ressent la brûlure que celui qui met sa main dans le brasier » dit un proverbe de chez nous.

Interrogez les jeunes manifestants du 5 octobre 1988. Ils sont toujours si jeunes, si frêles, malgré les tatouages indélébiles qui entaillent leurs corps desséchés par la torture et les traitements dégradants. Ils ont toujours la gorge creusée par la douleur et le coeur plein d’animosité à l’égard de Yazid Zerhouni, de Ali Tounsi, de Mohamed Betchine et de tous ceux qui se sont retrouvés au sommet de la pyramide en grimpant par dessus les cadavres. Qu’avez-vous, messieurs, gagné en plantant vos dents pointues de vampires dans la chaire vive des Algériens ? Dans vingt ans, peut être dans dix, vous ne serez qu’un amas d’ossements disposés en rangées à El-Alia. Mais en attendant la délivrance, nous devons supporter encore vos gueules exécrables.

Je suis curieux de voir, messieurs, si vous frissonnez en souvenir des cris aigus qui jaillissaient de la gorge de vos suppliciés. Vous conviendrez avec moi, qu’un dirigeant devrait avoir d’autres préoccupations autrement moins ignobles que les interminables séances de torture qu’on organise dans vos centres de détentions secrets. Regardez du côté de la Kabylie, les cimetières regorgeant de victimes de l’État criminel que vous incarnez. Souvenez-vous des 126 jeunes fauchés à la fleur de l’âge par des balles explosives en avril 2001. Rappelez-vous les 400 morts de 1963 et la répression du 20 avril 1980. Arrivez-vous à dormir, messieurs, après tant de crimes et de monstruosités ?

Faites un tour du côté de Bentalha, de Raîs et ou d’Ouled El-Alaïg. Allez-y, le sang n’a pas encore séché sur les pavés. Vous y trouverez les stigmates des gorges tranchées, des bébés brûlés et des femmes éventrées. Terrorisme dites-vous ? Je vous concède volontiers ce constat, mais c’est oublier que l’État est garant de la sécurité des biens et des personnes. Oui, vous êtes coupables messieurs. Regardez du côté de Galilée, à quelques encablures de la Présidence de la République et vous verrez des mères de disparus étranglées par le chagrin. Chaque mercredi, qu’il pleuve ou qu’il vente, elles sont là, en quête de la vérité sur leurs fils kidnappés par vos barbouzes. Elles sont affligées et accablées par plus de dix ans d’attente sans que vous daigniez leur montrer le charnier dans lequel vous avez enseveli les corps de leurs enfants. Elles ne demandent rien d’autre que leur droit de faire le deuil de leur fils dans le recueillement et la dignité. Terroristes dites-vous ? Sachez, messieurs les dirigeants, que même les terroristes, aussi sanguinaires soient-ils, ont droit à un certificat de décès et à deux mètres carrés de terre dans un cimetière.

Partez donc, nous vous pardonnerons vos lâchetés et nous oublierons vos imperfections. Nous pardonnerons à tous ceux qui, poussés par leur stupidité, nous ont persécutés et ruinés. Partez et nous pardonnerons à tous ceux qui, mus par leur cupidité, nous ont appauvris. Partez et vous ne serez ni haïs ni lapidés. Partez et je n’irai pas, comme Boris Vian, cracher sur vos tombes. Le peuple Algérien, désabusé, n’attend rien de vous ni quoi que se soit d’un régime équipé pour le mensonge, la corruption, le mépris, la répression et les liquidations physiques. Partez et, dans une année ou deux, vous ne serez qu’un vague souvenir gravé dans la mémoire blessée des Algériens. Partez pour qu’on puisse enfin instaurer une culture de responsabilité. Partez et on palliera votre sous-développement politique en organisant, pour une fois dans l‘histoire de l‘Algérie, des élections libres et transparentes. Partez pour qu’on puisse mettre un terme aux bricolages historiques, aux mensonges, au négationnisme et aux pratiques abjectes charriées par quarante ans de régime liberticide. Partez et nous pardonnerons à tous sauf à ceux qui ont trahi l’Algérie pour plaire à leurs maîtres de l’autre côté de la Méditerranée. L’Histoire donnera à chacun ce qu’il méritera.

Voyez le sort de Saddam Hussein, avili et humilié. Regardez ce qu’est devenue son image de héros brodée durant des années de règne sans partage. Observez, bon sang, le côté honteux des dictateurs. Méditez l’aventure criminelle du général Augusto Pinochet. Souvenez-vous du sanguinaire Milosevic, du maréchal Mobutu, du tyran Bokassa, du seigneur Gnassingbé Eyadema.

Il ne restera dans la rivière que ses galets.

Ahmed Benchabane, Montréal

Par Ahmed Benchabane
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 10:16

Balintawak, le cri de la liberté

 

Balintawak, le cri de la lberte, sort en librairie le 16 fevrier . Ce roman raconte en utilisant tour a tour le recit et l'allegorie l'histoire de l’Algérie de 1880 a 1962.

Je n’ai pas voulu traiter  de maniere chronologique l'histoire de la colonisation et de la guerre d'independance pour éviter de raviver des blessures et des rancunes que nous voyons s'exprimer a vif encore aujourd'hui  et aussi parce que pour moi l’Algérie ce était pas uniquement les Pieds noirs mais aussi les Kabyles et les Arabes et que je ne pouvais pas parler au nom de ces deux dernieres communautés. Le fil conducteur du recit est celui la meme que j'assigne a ce blog, montrer que dans l'histoire de l'Algerie, les Pieds noirs ont ete tout a la fois les instruments et les victimes de la colonisation. En fait, le vrai probleme de cette histoire douloureuse qui se fait jour peu a peu dans la conscience de nombreux acteurs c'est que les Pieds noirs etaient des Algeriens plutot que des Francais mais qu'il n'en ont pas tire les conclusions qui s'imposaient. Cette affirmation pourra choquer certains lecteurs.Permettez moi pour l'illustrer, de reproduire ici des echanges publies sur un forum :

Mon post:
 Oui, de tres nombreuses mairies etaient  detenues par la gauche en Algerie avant l'independance.. Les communistes, comme toujours, ont ete a cote de la plaque. Avant la guerre de 40, ils defendaient une evolution du statut algerien.  Mais, avec la montee du danger de guerre contre l'Allemagne, l'URSS  lanca une campagne d'alliance avec les radicaux socialistes contre les partis d'extreme droite ce qui  eut des consequences en Algerie ou ce parti etait un parti d'essence colonialiste .  A cette epoque, Camus qui, comme beucoup de jeunes Pnoirs, ressentait de la sympathie pour le parti communiste, dirigeait le Theatre du peuple qui se voulait le theatre des Arabes, des Berberes et des Pnoirs reunis .  Son refus d'obeir a l'injonction du parti communiste de changer d'orientation, le conduisit a demissionner. Apres la guerre, dans laquelle Pnoirs et arabo berberes avaient combattu cote a cote une evolution etait possible  mais il aurait fallu pour cela que les Pnoirs qui ne beneficiaient pas directement de la manne coloniale et qui considereaient que leur pays c'etait l'Algerie et pas la France se rapprochent des Algeriens pour parler d'un avenir commun. La France n'aurait pas voulu de cet accord et elle aurait essaye de l'empecher mais elle n'y serait pas parvenue a mon avis .Pour cela il aurait peut etre  fallu attendre dix ans encore. Rares etaient a cette epoque les gens comme moi et mon petit groupe de copains capables de dire, j'aime la France mais j'aime l'Algerie plus que la France, de dire comme les latino americains l'Espagne est la mere patrie mais notre patrie c'est le  Mexique, le Chili   etc. J'entends deje pousser de cris d'orfraie. Mais que signifiait la Patrie francaise pour tous ces Pieds noirs qui vivaient en Algerie depuis deux ou trois generations et n'avaient jamais mis le pied en France avant 1962? Un mythe tout simplement et ils s'en sont vite apercus en posant le pied a Marseille.

Reponse d'un Pnoir:
 A Oran beaucoup d'espagnols n'étaient-ils pas des républicains, communistes aussi pour beaucoup, ayant fuit l'Espagne franquiste ? N'ont ils pas constitués plus tard l'ossature de l'OAS ? L'OAS était bien implantée dans les quartiers populaires des villes d'Algérie. Elle constituait la lutte du petit peuple pour sa survie
Les Pieds Noirs votent Le Pen ? Beaucoup surtout pour emm***** les français.
 
"Rares etaient a cette epoque les gens comme moi et mon petit groupe de copains capables de dire, j'aime la France mais j'aime l'Algerie plus que la France, dire comme les latino americains l'Espagne est la mere patrie mais notre patrie c'est le  Mexique, le Chili   etc J'entends deje pousser de cris d'orfraie. Mais que signifiait la Patrie francaise pour tous ces Pieds noirs qui vivaient en Algerie depuis deux ou trois generations et n'avaient jamais mis le pied en France avant 1962? Un mythe toutsimplement et ils s'en sont vite apercus en posant le pied a Marseille."
 
Tout a fait d'accord avec vous, les PN étaient et sont toujours ultracocardiers, qu'avions nous et qu'avons nous de français finalement ? Nous n'arrivons pas à nous reconnaître dans ce pays, ce pays ne nous aime pas ! savez vous qu'il a existé des mouvements autonomistes et séparatistes chez les français d'Algérie ? déjà en 1871 on a failli arriver à la création d'un dominion. Avez vous lu le formidable livre d'A. Loesch "La valise et le cercueil" paru en 63 et qui aborde ce théme ?
Alors qu'aurait-il fallu faire ? Pour répondre à moh babeloued le FLN n'aurait pas du s'attaquer à la population civile européenne mais uniquement aux militaires et laisser les européens prendre leur responsabilité en tant qu'algériens. Les violences barbares envers les civils européens de la part du FLN ont signifié qu'on ne voulait pas d'eux dans une Algérie future.Aujourd'hui je considère que nous n'avons plus de pays sinon ça se serait su par l'acceuil, la considération, la solidarité de la majorité du peuple français alors que nous ne récoltons qu'insultes et mépris. Alors je vais vous dire et vous faire bondir, algériens et pieds noirs ont en commun d'avoir été les victimes du colonialisme français.

Commentaire d'un nationaliste algerien:

Cette phrase "algériens et pieds noirs ont en commun d'avoir été les victimes du colonialisme français."
 
je l'ai déjà entendue au début des années 70, elle a été prononcé par Boumedienne devant un parterre d'une centaine d'étudiants dans un amphithéatre de l'université d'Alger.
 


Deux histoires se croisent donc dans Balintawak, le cri de la liberte et se répondent de page en page : celle de la guerre d’indépendance des Philippines de 1896 á 1898 vue par les yeux d’un jeune volontaire Pied noir de l’armée espagnole qui préfigure la guerre d’Algérie et la saga dúne famille de petits colons. Ce livre essaie de rendre hommage á tous les batisseurs de pays qui quittérent un jour leur patrie pour tenter de vivre mieux ou par esprit d’aventure et á tous les combattants de la liberté sans exception. C’est aussi un chant de l’utopie, le reve de ce que nous aurions pu faire ensemble Pieds noirs et Algeriens de ce pays mais c’est surtout un chant d’amour á l’Algérie. On peut le commander dans toutes les librairies en indiquant le nom de l’auteur, Emile Martinez, le titre, Balintawak, le cri de la liberté et le no ISBN, 978-2-916685-13-7 ou directement sur le site de l’éditeur PIETRA LIUZZO qui expédie a l’étranger.

 

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Publié dans : Images de l'Algérie coloniale... - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Balintawak
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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /Fév /2008 02:41
Le vent de l’histoire pousse les pêcheurs hors d’Algérie


Pour sauver leur outil de travail, ils ont traversé la Méditerranée à bord de leur chalutier.
Dans un mouvement d’ensemble, l’épaule collée contre la coque, des pêcheurs poussent deux bateaux à la mer. De l’eau, du fuel, des filets, des pièces de rechange et quelques valises de linge ont été chargés à bord. Ce 5 juin 1962, le Saint-Joseph et le Saint-Antoine vont quitter la plage de Bou-Haroun. Des quatorze petits chalutiers qu’abrite ce village situé à l’ouest d’Alger, ils sont les premiers à tenter la traversée de la Méditerranée. Du haut de la falaise, les habitants les regardent sortir de l’anse, puis s’éloigner. Habitués à la pêche côtière, les deux patrons et leur équipage ne possèdent ni carte, ni instrument de navigation. Ils mettent cap au nord, se repèrent le jour au soleil, la nuit aux étoiles. Mais les courants les font dériver. Croyant arriver à Palma de Majorque, ils accostent à Ibiza, reprennent la route jusqu’à Barcelone, s’y ravitaillent et repartent. Une tempête se lève, les lames menacent les bateaux. Les pêcheurs perdent le nord, tournent en rond, se croient définitivement perdus. Ils réussiront enfin à rallier Port-la-Nouvelle.

Comme ces pêcheurs de Bou-Haroun, beaucoup d’autres partent à bord de leur bateau, entreprennent ce périlleux voyage de deux à six jours, unique moyen de sauver leur outil de travail. Cet été 62, les quais des dix-huit ports d’Algérie se vident peu à peu. En juillet à Alger, le môle Jérôme Tarting est fermé : tous les chalutiers l’ont déserté. Profitant de la présence des blindés de l’armée qui bloquent les accès de la ville de Cherchell, Paul di Maïo, conseiller municipal, président du football club et patron-pêcheur, embarque famille et clandestins, dix-sept personnes en tout, sur son Nadal II, un chalutier de plus de vingt mètres : « On a détaché les amarres en vitesse, et on est parti ». Une traversée décidée dans l’urgence : « La vie était devenue trop dangereuse : enlèvements, attentats, réglements de comptes. Pourtant, deux ou trois jours avant, on ne voulait pas croire au départ » , se souvient-il. Rien à bord, pas même une provision d’eau. Après vingt-quatre heures d’une navigation difficile, à la boussole, « sur une mer déchaînée, le bateau prenait l’eau de toutes parts, on écopait sans cesse avec des bidons, les couchettes étaient noyées » , le Nadal II mouille enfin à Palma de Majorque. Il y reste coincé trois jours à cause du mauvais temps. Des habitants prennent pitié de ces rescapés venus d’Algérie et leur offrent galettes et café. Paul di Maïo reprend enfin sa route, longe les côtes, passe Port-Vendres et continue vers Sète, sa destination.

A l’arrivée, le commandant du port, étonné par l’exploit maritime, lui déclare : « Vous êtes comme les pigeons voyageurs, vous trouvez toujours votre route » . Mais cette grande famille de pêcheurs d’origine italienne installée à Cherchell depuis 1852 n’est pas au bout de ses peines. A Sète, l’accueil n’est pas des plus chaleureux : les prix des locations flambent, leurs cadres arrivés à Marseille ont été trempés dans l’eau par les dockers, la vaisselle et l’argenterie ont disparu des cantines. Et surtout les pêcheurs du cru voient d’un mauvais oeil ces nouveaux arrivants, avec leur chalutier au moteur puissant, qui n’hésitent pas à aller pêcher dans les grands fonds. « Ils nous barraient l’entrée du port, jetaient notre pêche à la mer » , raconte Jean-Paul di Maïo, le fils, aujourd’hui patron-pêcheur et mareyeur. Quarante ans plus tard, ils sont toujours à Sète. Mais à Cherchell, on parle encore d’eux : là-bas, une bonne pêche s’appelle une "di Maïo".

Anne-Marie SCHALLER (ML)
 

 

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Samedi 26 janvier 2008 6 26 /01 /Jan /2008 18:38

 

Saint-Gélase 1er est né en Kabylie. A l’origine de la fête d’Halloween et de la Saint-Valentin, nous avons souhaité vous présenter ce pape hors du commun.

Gélase fait carrière dans le clergé de Rome et devient même le conseiller, d’ailleurs écouté, du pape Félix III. Il lui succède sur la chaise de Saint Pierre le 1er mars 492. Le début de la renaissance du droit canonique peut être fixé à l’élection de Saint-Gélase 1er.

Dès les premiers temps de son pontificat, il manifeste la haute conscience qu’il a de ses droits et de ses devoirs. Sa prudence et sa fermeté dans le gouvernement de l’Eglise, son activité de théologien et d’écrivain, le font remarquer entre tous ses prédécesseurs de la seconde moitié du VIè siècle, et ses mérites font évoquer Saint-Léon 1er le Grand (461). De Tertullien, il a le goût de la controverse et aussi les talents, la verve et la vigueur. Il est intraitable par devoir et par nature.

Gélase affirme avec noblesse les droits du pouvoir spirituel dans une lettre à Anastase, empereur de Byzance : "il y a, auguste empereur, deux pouvoirs principaux pour régir le monde : l’autorité sainte des pontifes et la puissance royale. Des deux, celle des prêtres est d’autant plus importante qu’ils doivent, dans le jugement divin, rendre compte au Seigneur des rois eux-mêmes". C’est ainsi que ce Berbère rétablit l’ascendant du Pape devant l’autorité des empereurs, non seulement dans son temps, mais aussi pour les siècles à venir. A la différence de Saint-Léon, il ne parle pas d’union des pouvoirs, et la pensée gélasienne s’explique sans doute par la personnalité de son auteur.

-  Les Hérésies sont là

Cependant, politiquement et religieusement, les temps sont difficiles. Sous la conduite de Théodoric les Ostrogoths viennent de s’établir en Italie et Rome obéit à un prince arien. En Occident les sectes renaissent de leurs cendres. L’Hénotique, cet abus de pouvoir de l’empereur Zénon de Constantinople, qui prétendait régenter la foi et qui voilait l’enseignement du concile de Nicée sur la divinité et la nature humaine du Christ, continue d’être en vigueur. - Ramener l’Eglise d’Orient à l’unité romaine, - Maintenir partout l’intégrité du dogme, l’indépendance de l’Eglise, la pureté des mœurs chrétiennes, - Tenir tête aux Byzantins insoumis, aux hérétiques et aux demeurants du paganisme, telle est la tâche assumée par le pape Gélase avec un zèle infatigable.

Sans relâche, pendant un règne d’un peu plus de quatre ans, Gélase écrit des livres, tient des synodes en 495 et 496, enseigne, reprend, veille sur la discipline ecclésiastique. Il laissera après lui le modèle d’un Pape savant, administrateur, zélé et pieux. Ses lettres reflètent sa physionomie avec un particulier éclat. Leur nombre reste exceptionnellement élevé pour la brève durée de son pontificat. On en compte pas moins de quarante-trois auxquelles s’ajoutent quarante-neuf fragments ou témoignages de lettres perdues, puis vingt-neuf autres lettres ou fragments nouveaux qui seront ensuite découverts dans un manuscrit du British Museum à Londres, et publiés en 1885 à Leipzig. Ce sont, pour la plupart, de courts billets, d’une forme élégante et concise, qu’on dirait imités des lettres familières des anciens.

Certaines se rapportent aux affaires de l’Illyricum qui, relevant de l’Empire d’Orient pour les questions civiles, est alors rattaché au Saint-Siège pour l’administration ecclésiastique. D’autres concernent la discipline du clergé et, bien qu’elles visent des circonstances particulières, elles se trouvent applicables d’une manière générale.

-  Un travailleur acharné

Un bref regard sur quelques-unes des directives de Gélase suffit à nous montrer l’ampleur de son action, à laquelle se joint un souci particulier du détail :
-  interdiction faite aux évêques de se rendre à la cour de Ravenne sans l’autorisation pontificale ; de réclamer des clercs d’autres diocèses ; instauration d’un contrôle pontifical strict de la gestion temporelle des évêques ; jugement des prélats dilapidateurs auxquels un administrateur est imposé, ainsi qu’aux évêchés en vacance de siège. Rappel des évêques d’Italie et de Sardaigne au respect de la hiérarchie.
-  Défense renouvelée aux clercs de se livrer au commerce, de se marier, impossibilité à ceux insuffisament instruits d’être promus à l’ordre supérieur ; détermination du nombre de diacres selon l’importance de chaque ville (3, 5 ou 7) ; approbation par l’évêque du postulant aux ordres, alors que l’on procédait souvent par acclamation du peuple, et prescription au clergé d’effectuer lui-même l’enquête préalable. Droit assuré aux clercs, victime d’une sanction de leur évêque, de s’adresser directement au Pape.
-  Interdiction aux diacres de consacrer la Sainte Hostie, pratique introduite sous les persécutions, et aux prêtres de conférer le sacerdoce sous peine d’excommunication. L’évêque seul également peut donner la Confirmation, réconcilier les pénitents, imposer le voile aux vierges consacrées ou aux veuves, consacrer une nouvelle église.
-  Déclaration contre l’exclusion perpétuelle des pénitents et des excommuniés qui sont invités à introduire dans l’année leur demande de pardon et de réintégration.
-  Prescription faite à toute personne qui érige une église nouvelle de la doter d’une terre dont les revenus serviront à subvenir à ses besoins de la manière suivante : un quart pour l’évêque, un quart pour les pauvres et les voyageurs, un quart pour les clercs, un quart pour les bâtiments et hospices. Cette pratique durera jusqu’au début du VII-1 siècle. Chaque fondation doit recevoir nécessairement l’autorisation du Pape.
-  Rappel aux femmes de leur incapacité à remplir une fonction sacrée. A la correspondance il faut joindre les nombreux traités, commencés sous le règne de ses prédécesseurs, qui traitent du schisme de l’évêque Acace, du pélagianisme, de la fête païenne des lupercales, toujours célébrée à Rome, et que Gélase supprime pour la remplacer par la Saint-Valentin.

En ce qui concerne Acace, son parti semblait diminuer la parfaite divinité du Christ et voulait faire rentrer les hérétiques dans l’Église en demandant à la foi commune de célébrer le Christ, non en sa divinité substancielle, mais seulement en sa ressemblance avec le Père Éternel. Et Gélase de répondre avec l’Évangile que Jésus est Dieu, tout comme le Père Éternel.

Comme ses devanciers, il professe la doctrine de Saint-Augustin dans les questions de la grâce, sans insister sur les problèmes de la prédestination et des diverses efficacités de la grâce divine. Gélase déclare risible la prétention de Constantinople à une autorité religieuse égale à celle de Rome.

Il rappelle la primauté romaine sur toute la chrétienté et sur tous les sièges épiscopaux : "Ce n’est pas par des décisions des conciles que l’Église de Rome a été mise au-dessus des autres Églises, mais elle a obtenu cette primauté par la parole du Seigneur, notre Sauveur, dans l’Évangile : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Le premier siège de l’apôtre Pierre est donc l’Église romaine !".

Après avoir ainsi proclamé le droit divin de la primauté pontificale, il soutient partout, avec la plus grande énergie, que le Pape est qualifié pour juger seul tous les évêques, y compris les patriarches, sans le concours d’un concile, sans avoir à tenir compte de décisions conciliaires, et sans qu’il puisse être fait appel de son jugement.

Donc le Pape, quelle que soit sa dignité ou son indignité personnelle, ne peut jamais être soumis à un tribunal humain. Il distingue les bons et les mauvais conciles. Les premiers se reconnaissent par leur conformité aux Écritures, à la doctrine des Pères de l’Église, ainsi qu’aux règles ecclésiastiques reçues par toute l’Église. Notons enfin que, dans le domaine de la liturgie, les oraisons gélasiennes contiennent le texte le plus ancien sur l’Assomption de la Vierge.

Saint-Gélase 1er meurt, après quatre ans et demi de gouvernement, le 19 novembre 496. Nombreux sont ses ouvrages qui n’ont hélas pas survécu.

Abbé Vincent Serralda.

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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 12:49


Assassiné en 1998
Matoub aurait eu 52 ans aujourd’hui




Lounès Matoub, qui s’est imposé sans les médias et sans les médailles des officiels, continue à scintiller dans le ciel de la Kabylie comme étant l’artiste le plus écouté mais surtout le plus adulé.

Il sera le seul qui n’assistera pas à ce cinquante-deuxième anniversaire, aujourd’hui, mais combien de millions de Kabyles ne manqueront pas d’avoir une pensée pour lui en ce jeudi hivernal? Combien de milliers fans iront se recueillir sur sa tombe dans son village de toujours : Taourirt Moussa ? Et, c’est là le plus important, ils sont combien à se réchauffer tous les jours de sa voix ensorcelante ? Ceux qui s’attendront à des hommages officiels, aujourd’hui, au plus grand chanteur kabyle de tous les temps, auront tord. Matoub Lounès est un artiste libre et irrécupérable.

 Dix ans après son assassinat, il dérange toujours les corrupteurs de tout bord et les opportunistes qui, pour une poignée de dinars, sont prêts à tourner le dos à la Kabylie et à tout ce que ce que cette région a milité pour réussir à implanter un début de démocratie en Algérie.

 Matoub n’a jamais été l’ami des hommages officiels. Il ne se prenait pas pour un mage en dépit de sa popularité inégalée. Par contre, il a toujours été, et il demeure ce « n’importe qui », ami du chômeur de Tikobaine ou compagnon de l’adolescent, pauvre et déprimé, de Ait Zikki. Matoub Lounès, on le croisait à Takhoukht, jamais au Boulevard des martyrs, antre  de la télévision d’Etat qui n’ouvre ses portes qu’aux voix dociles et mercantiles. C’était loin d’être le cas du Rebelle. Matoub ne ramassait pas l’argent. Il  le distribuait à Tizi Ouzou à « Marios » et à ceux qui, comme ce dernier, n’avait que Dieu et Matoub, comme source d’espoir. Un simple d’esprit, célèbre à Tizi Ouzou, a l’habitude de faire l’aumône en prononçant une phrase dissuasive «donne-moi cinq  dinars, sinon tu vas regretter». Quand ils se croisaient, Matoub lui donnait un billet de mille dinars.  Un jour, en lui tendant le fameux billet, Matoub avec son esprit de plaisantin éternel dit à son compagnon : «Si ça continue comme ça, il va me ruiner !». Tout le monde a ri, y compris le simple d’esprit. Ce sont ce genre de moments que partageait Matoub avec tous « les petits ».

Ces petits qu’il ne faut jamais mépriser, disait Matoub à sa mère, car ceux qui éprouvent de l’aversion envers cette frange marginalisée, vont tous le regretter un  jour. Matoub c’était donc le grand cœur. Grand cœur et profond. Matoub ne passait pas à la télévision mais il passait tous les jours dans les rues de la Kabylie. C ’est pourquoi, en plus de son talent unique, sa popularité n’est pas seulement restée intacte dix ans après sont départ, mais elle augmente de jour en jour. Des jeunes qui avaient dix ans à son assassinat, l’ont découvert malgré la censure des dictateurs de la culture. Ils l’ont aimé car malgré les tentatives de formater leur esprit, notamment par la télévision du système, ces jeunes ont compris que les meilleurs artistes ne sont pas forcément ceux qui passent à la télévision.

Ils savent que pour avoir accès à cette télévision arabo-islamique, il faut d’abord accepter de dire que pour être kabyle, il faut d’abord accepter d’être arabe, en adhérant à la scandaleuse manifestation «Alger, capitale de la culture arabe» ! Matoub aurait composé un chef d’œuvre sur ce carnaval de reniement identitaire. Hélas, il n’est pas là et quand le chat n’est pas là…les souris dansent. C’est universellement connu.

Matoub, grâce à son art et à son engagement intègre, a été le seul apte à triompher de la mort sans aucun support, absolument aucun. Même la revendication de la vérité sur son assassinat ne trouve plus aucun relais. Matoub échappe au temps, au système, aux démocrates, il échappe même à sa famille, à sa sœur Malika, qui pleure tous les jours, toutes les minutes, toutes les secondes ce frère-symbole, à sa mère qui voit dans les yeux de chaque jeune qui visite Taourirt, le visage de Lounès qui ne reviendra pas. Mais qui n’a pas non plus disparu définitivement pour pouvoir faire son deuil.

 Il vit de jour en jour davantage, ressuscité par la nouvelle génération de Kabyles, qui n’écoute que leur cœur, jamais la voix des gardiens du temple dictateur ou d’une télévision devenue un centre de formation de chanteurs à la Rabah Derriassa  ! Les chanteurs «Tahia et applaudimètres».

Matoub n’a pas laissé que des chansons. Il a légué un univers, un monde à tout un peuple opprimé car spolié du droit le plus élémentaire : le droit à sa langue maternelle. Matoub n’a pas été une star de passage dont l’aura est savamment entretenue par les médias du système. Matoub, parce qu’il a été libre et Homme, a conquis les cœurs de la génération qui le precède, de sa génération et de celle qui lui succède.

La chanson de Matoub, politique, sociale ou sentimentale lui a survécu. Matoub, c’est l’œuvre qui survit à l’ouvrier !  Matoub vit toujours dans les prunelles de millions d’admirateurs. Il a été assassiné en 1998. Il est vivant en 2008.

Il le sera en 2018 et en…2098.

 
Aomar Mohellebi.
 
 
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 21:34

Quand Charlot tenait salon aux Vraies Richesses...

C'est un vieux monsieur assis au milieu de collines de livres. C'est un vieux monsieur qui, là-bas, dans un Alger encore d'insouciance, échangeait des avis éditoriaux avec Camus, refaisait le monde avec Jules Roy et fermait boutique vers trois heures du matin quand Emmanuel Roblès décidait enfin d'aller se coucher. Edmond Charlot - on disait Charlot tout court comme pour l'autre, celui des sautillants écrans - Charlot donc fut l'accoucheur de cette génération : il fut le premier à tenir le manuscrit de L'Etranger que Camus n'envisageait pas de publier ailleurs que chez lui, il reçut, par des voies mystérieuses, Le silence de la mer de Vercors et le publia d'enthousiasme.

Etrange moment de grâce intellectuelle que celui de cette librairie d'Alger baptisée aux Vraies Richesses qu'une maison d'édition vint rapidement épauler. Jean Grenier, philosophe, écrivain, professeur de khâgne de Camus et de Charlot, ne croyait sans doute pas si bien semer quand il conseilla à son élève de se lancer dans l'édition. " Je vous donnerai un texte ", lui avait-il dit comme cela, parole en l'air. Charlot la rattrapa au vol. Et se trouva très vite à tenir salon, comme on aurait dit au XVIIIe, mais un salon joyeux, bambochard et nocturne, où Roblès, Camus, Grenier, Gabriel Audisio venaient respirer dans cet Alger d'avant-guerre à la vie intellectuelle sans souffle.

Aujourd'hui, Edmond Charlot analyse cet instant suspendu d'avant les catastrophes : une réaction à l'algérianisme, dit-il, ce courant " un peu ridicule qui parlait d'Algérie sans jamais montrer les Algériens ". La bravache devise de la maison - " Des jeunes, par des jeunes, pour des jeunes " - et une étonnante conjonction de talents firent le reste : en 1940, Charlot avait déjà publié L'envers et l'endroit et Noces de Camus, ses auteurs s'appelaient Max-Pol Fouchet, René-Jean Clot ou Lorca dont il fut le premier éditeur français.

La guerre, loin d'étouffer ce foyer, le raviva. L'éloignement de la France vichyste autorisait quelques audaces. Trop peut-être : Charlot se retrouva en prison sous le soupçon de (sic) " présumé gaulliste, sympathisant communiste ". Mais Vichy, guerre, prison n'y purent rien : Charlot publia, publia encore. Jules Roy, Roblès, Gide qui passait la guerre en Afrique du Nord.

De France, tant que les liaisons ne furent pas coupées, lui arrivaient régulièrement des paquets postés à Chambon-sur-Lignon où Camus était réfugié. Il annotait, conseillait. Et puis, un jour, envoya un énorme pavé : L'Etranger, Caligula, Le mythe de Sisyphe qu'il voulait faire paraître ensemble sous un même titre : L'absurde.

Charlot se souvient du choc ressenti. Mais que faire ? " Nous n'avions plus d'encre, plus de papier. Avec Max-Pol Fouchet nous allions gratter la suie dans les cheminées pour faire de l'encre ". C'est Gallimard qui publiera. Quand, de la valise de Londres, arrivera le manuscrit du Silence de la Mer, la situation est un peu meilleure. Et c'est Charlot qui éditera.

L'après-guerre ne fut pas moins glorieuse : Camus encore, Roblès toujours, Jules Roy, Koestler, et un Fémina et un Renaudot La nouvelle guerre, celle d'Algérie, trouva les éditions Charlot financièrement exsangues et littérairement glorieuses. L'OAS les trouva, elle, trop " libérales " : deux attentats firent crouler librairie, stocks, archives.

Aujourd'hui, il reste aux mains de collectionneurs fanatiques quelques exemplaires de ces livres sur papier exécrable qui sont des petits trésors. Et, dans la tête d'Edmond Charlot, le souvenir d'un monde qui sut, au long de quelques étés algériens, marier la beauté avec l'intelligence.

J. VILACEQUE (ML)

Publié dans : Images d'Algerie - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Balintawak
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 21:05

                                            
        Par  Wynna Nat- Iraten  dans le magazine berbere on line www.Afrique-du Nord.com

                                             Voyons la part prise par les Nord-Africains à la célébrité du Monde Romain. Si la prestigieuse civilisation africaine d’Egypte peut se classer en "catégorie exceptionnelle" dans l’Histoire de l’Univers, il apparaît possible de qualifier d’âge d’or la période vécue par ces indigènes à l’époque des Romains.
 

  L’écrasement de la Carthage phénicienne par les Romains et sa disparition sans regrets de la part des Maures et des Numides qui avaient fait sa gloire militaire, mais qu’elle a trahis, a permis à ceux-ci d’étendre la Maurétanie Tingitane vers l’Espagne, et de la doter de 2 capitales : une sur chacun des 2 continents. Et c’est ainsi que l’Ibérie a relevé pendant longtemps, sur le plan du pouvoir spirituel, des diocèses d’Afrique au temps où l’Eglise catholique rayonnait à partir d’une nouvelle Carthage érigée en (semi) capitale du christianisme.
  Voyons alors le pourquoi de cette expression "âge d’or". Cette affaire doit être examinée suivant 2 plans bien distincts : le temporel, et le spirituel

 
Plan du Pouvoir Temporel
 

  La part décisive prise par les Berbères au triomphe (usurpé) de Hannibal a tout particulièrement retenu l’attention d’un grand chef romain nommé Scipion. C’est lui qui, ultérieurement, prendra l’initiative d’un contact avec Massinissa pour lui proposer d’échanger la forfaiture témoignée par Carthage à l’égard des Berbères contre... une simple neutralité à observer par ces Africains lors du futur règlement de comptes qui soldera de façon définitive le conflit Rome-Carthage. C’est ainsi que, privé du concours des valeureux guerriers (nord) africains, Hannibal a été écrasé à Zama en - 212 ; (Ref. Philip’s concise encyclopédia).

 

  Ce premier accord marque d’une pierre blanche le début d’une aventure appelée à devenir extra-ordinaire puisque le couple Romains + Berbères durera près d’un millénaire (IIIè siècle, + VIè siècle). La conjugaison des 2 forces, dès lors, fusionnées, donnera un outil puissant de défense d’un empire étendu sur 3 continents avec une civilisation désignée sous le prestigieux label de : Occident.
  Dans ce cadre, les Africains bénéficieront pour la première et dernière fois d’une citoyenneté allogène de grand renom. Ce titre hautement enviable en son époque leur a été conféré en l’an + 212 par la Constitution Impériale de Caracalla, (lui même Berbère). Il ne leur a jamais été retiré par personne. Quant aux forces militaires de l’Infanterie maure, et surtout celles de la cavalerie numide, elles inscriront de vraies lettres de noblesse pour le compte de Rome, de l’Europe et de l’Occident.

 

  En effet, les Berbères qui accéderont au titre suprême d’Empereur Romain se chargeront de consolider frontière et puissance de l’Empire depuis l’Ecosse jusqu’en Mésopotamie. En ce sens, ce sont des forces berbères intégrées au sein des Légions romaines qui ont aidé à coloniser l’Hispanie déjà occupée par des Maures et des Numides au retour de la 2è guerre punique. Leurs descendances ont engendré des personnages célèbres parmi lesquels se sont distingués les Empereurs Trajan et Hadrien, dénommés "Morescos" par les chroniqueurs, et autres historiens ; ce qui a été également le cas pour Agricola, natif du Massif des Maures, en Gaule. Ce sont aussi des forces militaires à majorité africaine, stationnées en Rhin et Danube, qui ont porté le Libyen Septime Severe au pouvoir impérial. Ce sont les familles des Légions issues des Provinces Romaines d’Afrique qui ont occupé, fondé famille et poussé racines dans les 2 Gaules ainsi qu’en Albion, à l’Ouest, et en Phénicie d’Asie ou en Mésopotamie, à l’Est, assurant alors la stabilité de l’Empire romain durant la présence des Berbères sur le trône impérial. A l’ouest, les traces de tous ces compatriotes se retrouvent dans les noms de leurs lieux d’implantation, notamment au Pays de Galles, en Angleterre, en Ecosse, ainsi qu’en Europe des Pays du Danube, et même au sud de la Loire. Quant à l’est, ces traces sont décelables seulement dans les noms des familles installées au Proche-Orient et transmis en appellation originelle berbère aux générations successives postérieures.

 

  Quant à la langue d’écriture, le choix a surtout porté sur le latin ou, accessoirement, le grec. Le malheur est que cet usage a fait classer leurs auteurs africains dans les dictionnaires et encyclopédies sous la dénomination de la langue utilisée par leurs soins pour la rédaction de leurs travaux ; à savoir : auteur latin, auteur grec, apologiste chrétien etc... Outre les noms déjà cités ci-dessus il est possible d’en ajouter quelques-uns, notamment.

 
- Empereurs :
 

Caracalla, Geta, Elagabal, Alexandre Severe, Macrin, Gordien 1er, II, et III

 


  Gouverneurs :

 

  en Britania : Urbicus, Crispinus, Martialis, Honoratus,Albinus Postumainus
  Pays de Galles : Paulinus, Haterianus
  Ecosse : Tertulus
  Haute Germania : Crescentianus,
  Basse Germania : Pudens,
  Haute Pannonia :Victor
  Basse Pannonia :Valerius Pudens, Castinus
  Haute Moesia :Anesius Faustus
  Basse Moesia, Gallus - Dacia : Claudinus (Consul)
  Orient : Gallus - Mesopotamia : Candidus - Syrie, SenecioEgypte :Aquila, etc...

 

  Préfets ou Délégués militaires à Madagascar, Pays d’Outre-Mer, ainsi qu’en Sri-Lanka, Philippines, etc...

 
- Ecrivains :
 

Tertullien, Cyprien, Augustin, Lactance, Fulgence, Apulée,Aristippe, Macrobe, Optat, Salvius, Fronto, Manilius, Florus etc...

 

  Sans compter que certains documents citent également à ce même titre d’appartenance ethnique : Dio, Sénèque, Cornutus, Lucain,Averoes, et bien d’autres...

 

  Si leurs noms sont en latin, c’est que cette langue a été celle des Berbères pendant plus de mille ans et que ces peuples ont porté des noms et prénoms latins pendant près de deux mille ans... à savoir, jusqu’à l’arrivée des Français qui leur ont imposé des états civils à consonance arabiste, à partir du Code de l’Indigénat de 1881. C’est dire que les noms patronymiques des Berbères d’aujourd’hui ne sont pas ceux de leurs ancêtres dans une proportion de plus de trois-quarts.

 
Plan du Pouvoir Spirituel
 

  Tant que les Berbères ignoreront que leurs ancêtres étaient chrétiens, et que ce sont eux qui ont christianisé le bassin occidental méditerranéen avec leurs centaines de milliers d’adeptes, leurs milliers de martyrs, leurs milliers de Saints et Bienheureux catholiques, leurs centaines d’évêques, et leurs 4 Papes, ils tourneront le dos aux réalités de leur Histoire.

 

  Classer les Berbères dans la catégorie des Orientaux, lesquels sont des asiatiques, et considérer ces Indigènes au travers de noms ou prénoms à consonance arabiste dont la France coloniale les a affublés, ou bien en fonction de certaines croyances religieuses sémitiques, (parce que les Arabes sont des Sémites) est un acte intellectuellement criminel en ce que ces vues sont des négations de leurs vraies racines africaines et occidentales. Le respect des autres n’implique pas que ces autres vous fassent perdre votre identité qu’il faut connaître, cultiver et défendre. C’est à cela que doit servir la culture. Voilà un merveilleux objectif de Paix.


 
Publié dans : kabylie - Par Balintawak
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 16:13
J'ai ecrit cet article pour la revue amazighe on line www.Afrique-du-nord.com et je le reproduis ici pour les lecteurs qui ne la liraient pas. Ces derniers voudront bien excuser l'absence d'accentuation due au fait que je me trouve en Amerique latine et utilise un clavier espagnol. E.M.




          Les Algériens vivent dans un pays qui nie son algérianite. Depuis longtemps les pays civilises ont renoncé à des étiquettes telles que la France gauloise et chrétienne, la grande Bretagne anglaise et anglicane, les Etats Unis anglo saxons et protestants, l’Allemagne germaine et lutherienne, parce qu’en se definissant par l'une de leurs composantes ethnique et religieuse, ils excluent toutes les autres. Quand quelque parti, d’extreme droite generalement, en vient a employer des expressions qui s’en rapprochent, on assiste aussitot à une levée de boucliers de tout ce que le pays compte d’ intellectuals, d’ organisations de defense des droits de l’homme et de la plupart des hommes politiques. S’il s’agit de la France, M. Mouloud Aounit monte aussitot au creneau portant plainte pour racisme ou xenophobie et se lamente dans les medias contre des critiques de l’islam qu’il assimile à du racisme anti arabe.

En Algerie, c'est le president de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui clame haut et fort que l’Algérie est un pays arabo musulman au mépris de l’histoire et de la réalite, faisant comme si les Arabes qui ont colonise ces contrées et leur ont imposé leur langue et leur religion avaient conquis des terres vierges et inhabitées, comme si l’existence des Berbères etait aussi improbable que celle des martiens, ou comme s’ils avaient totalement disparu de la surface de la terre, ce que le pouvoir souhaite peut-etre.

Et bien, non, Monsieur le president, les Berberes- kabyles, Chaouis, Mozabites, Touaregs...- sont toujours vivants et ils n'ont  pas l’intention de disparaitre. Non, l’Algerie ne fait pas partie du monde arabo musulman et l’algerianité ne saurait se confondre avec la personnalité arabo musulmane. L’Algérie est un pays mediterranéen et berbère, conquis par des Arabes. Allez dans les villages kabyles, Monsieur le president, observez les gens et regardez les vivre. Developpement et religion mis a part, mais ils n'en sont pas responsables, vous verrez, qu’il y a moins de differences entre un paysan kabyle et un paysan sarde, corse ou ardechois, qu’entre un paysan kabyle et un bedouin saoudien ou émirati, un commercant yémenite ou libanais.

C’est de cette non reconnaissance de son “algérianité" que souffre l'Algerie dont, sous pretexte qu’elle appartiendrait au monde arabo musulman, vous refusez de reconnaitre le substrat berbère qui constitue la matrice de son identité avec les differentes influences eurropéennes auxquelles ce peuple a ete soumis   depuis plus de vingt siècles grace à ses relations avec l’Europe. C’est cette auto mutilation que refusait déjà Kateb Yacine en disant de la langue francaise qu’elle etait “ un butin de guerre” a laquelle vous voulez le soumettre en lui imposant une identification au monde arabo musulman dont il ne veut plus plus parce qu’elle est la négation de son histoire et de sa culture vieille de trente siecles. Les Algeriens devront faire un jour le bilan de la colonisation francaise mais ils feront aussi le bilan de la colonisation arabo musulmane qui dure depuis quatorze siecles, qui leur a impose sa langue, sa religion et ses coutumes et qui leur propose pour tout horizon de se dissoudre dans un monde qui, malgre ses immenses richesses, traduit moins de livres que la Grèce. Ce bilan est une priorite pour que l’Algerie accepte enfin son algérianité et cesse d’avancer en boitant sur la voie du progres.

Emile Martinez

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